VillesVélo électrique : les vitesses sont-elles indispensables?
4 février 2022

Vélo électrique : les vitesses sont-elles indispensables?

Par Harry Maxwell
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Pour aller droit au but : non… Et il se pourrait même que leur absence améliore l’expérience utilisateur et diminue les coûts de maintenance.

Dans l’imaginaire collectif, plus un vélo a de vitesses, plus il est adapté à toutes les utilisations. Mais cette vision se base sur l’utilisation de vélos mécaniques.

Pour ces derniers, il est clair que les vitesses sont essentielles. Elles permettent à l’utilisateur de gérer notamment sa vitesse et les dénivelés.

Les vélos électriques, de par leur conception, ne nécessitent pas de vitesses au même titre que les vélos mécaniques. Ces dernières vont même souvent provoquer des pannes ou une gêne utilisateur, alors qu’elles n’avaient aucune valeur ajoutée dès leur installation.

Explorons ensemble pourquoi.

1. Les vitesses automatiques sont plus simples

A l’image des voitures électriques, certains vélos électriques utilisent l’assistance automatique sans vitesses mécaniques. Comment ça marche ?

L'élément clé de cette assistance automatique s’appelle un capteur de couple. Ce dernier permet d'adapter le niveau d'aide au coup de pédale de chacun, en fonction de la force exercée sur les pédales.

Cette technologie aujourd’hui éprouvée a tout simplement remplacé les vitesses sur un vélo électrique. Il suffit simplement pour l’utilisateur de pédaler plus fort ou plus vite : cette action remplace celle de changer de vitesse. C’est aussi logique que d’appuyer sur une pédale d’accélérateur dans une voiture automatique.

On comprend alors facilement comment la suppression des vitesses mécaniques simplifie l’utilisation d’un vélo électrique.

electricbike__energy_pedal_image.jpegLe logiciel qui commande le moteur s’assure que l’intensité de l’assistance électrique s’adapte aux besoins de l’utilisateur, dans toutes les situations, même les forts dénivelés.

L’assistance automatique simplifie donc l’utilisation, et donne même satisfaction sur le long terme.

2. Une meilleure expérience utilisateur

Nous avons des retours très positifs de nos utilisateurs sur l'assistance automatique : ils apprécient la rapidité avec laquelle l’assistance s’enclenche au départ, mais surtout, ils apprécient de ne pas rencontrer de problèmes techniques (comme les changements de vitesses non désirés ou dysfonctionnels).

Essayer un vélo électrique pour la première fois peut être assez déroutant. Il est donc important d'en simplifier l'utilisation au maximum : si les vitesses n'apportent pas de valeur ajoutée, alors autant s'en passer.

Et la suppression des vitesses sur les VAE n'est pas que l'affaire des vélos en libre-service. La plupart des fabricants haut de gamme de VAE pour particuliers s'en sont également affranchis.

VanMoof, un acteur très innovant du marché des vélos électriques, n’a pas de vitesses mécaniques sur ses vélos. Un système électronique et automatique les remplace. Les marques Cowboy et Angell ont depuis suivi, considérant qu’un système sans vitesses représente la meilleure expérience qu’un vélo électrique puisse offrir.

3. Des économies pour la maintenance et l'environnement

Le dérailleur, la boîte de vitesses et les pignons sont parmi les pièces les plus remplacées sur un vélo, et ces pièces sont aussi les plus chères.

Sur un vélo électrique, le risque de panne est encore plus important car le poids exercé sur la chaîne est plus fort. Monté sur un vélo électrique, un système mécanique de vitesses a une durée de vie 30% inférieure que sur un vélo mécanique.

gears-electric-bike.pngPignon et dérailleur.

Les pièces comme les chaînes, dérailleur ou encore boîte de vitesses doivent donc être remplacées encore plus souvent que sur un vélo mécanique. C’est encore plus vrai dans le cas d’un système de vélos en libre-service, où les utilisateurs changent rarement les vitesses au bon moment, ce qui contribue à accélérer l’usure des pièces.

Nous avons souligné que supprimer les vitesses simplifie l’utilisation, mais la maintenance est définitivement un facteur à prendre en compte.

Sans oublier une conséquence des pannes : l’achat de nouvelles pièces, parfois envoyées de l’autre bout de la planète, qui font exploser l’empreinte carbone d’un vélo.

Un vélo électrique sans vitesses est donc économique, du point de vue du budget, mais également de celui de la planète.

4. La disponibilité des vélos pour vos administrés

Les vitesses comptent pour 29% des pannes sur les vélos électriques en libre-service (source : Vélib). Ces pannes ont une conséquence directe sur la disponibilité des vélos, et donc sur la satisfaction et la rétention des utilisateurs.

On voit ici que la technologie choisie lors du montage d’un système de vélos a un grand impact sur la réussite de ce dernier.

Pas de vitesses, pas de pannes liées aux vitesses, c’est aussi simple que ça.

Comment l’auto diagnostic des pannes sur les vélos connectés réduit les coûts opérationnels et améliore l’expérience client

5. La disponibilité des pièces détachées

Supprimer les vitesses sur un vélo électrique revient à supprimer des besoins en pièces détachées.

Et supprimer les besoins en dérailleurs, pignons et boîtes de vitesses peut simplifier fortement la logistique puisque 90% du marché est contrôlé par le même acteur.Cette spécialisation de la production a une conséquence très importante : des ruptures de stock fréquentes face à une demande trop élevée. Le temps d’attente peut donc monter jusqu’à 18 mois.

La conséquence pour vos utilisateurs? Des vélos indisponibles encore plus longtemps.

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