VillesAutonomy 2022 : Faire exploser la part modale du vélo dans les territoires
22 mars 2022

Autonomy 2022 : Faire exploser la part modale du vélo dans les territoires

Par Florence Orsini
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Fifteen a été à l’initiative d’une table ronde engagée lors du salon Autonomy 2022, afin de propulser l’usage du vélo en France face au “tout-voiture” qui prévaut toujours.

Un panel d’intervenants a partagé son plaidoyer pour la généralisation de la pratique du vélo en France :

- Guillaume Gouffier-Cha – Député de la 6e circonscription du Val-de-Marne et auteur du rapport sur “La filière économique du vélo en France”

- Thomas Peignard – Directeur des Mobilités à la Communauté d’Agglomération d’Epinal

- Camille Thomé – Directrice de Vélo & Territoires

- Benoit Yameundjeu – Directeur général de Fifteen

Cette table ronde était animée par Julien de Labaca, fondateur du cabinet “Le Facilitateur de mobilité”.

Le succès des politiques vélo là où on ne les attend pas

Dans les zones peu denses…

Thomas Peignard, directeur des Mobilités à la Communauté d’Agglomération d’Epinal a tenu à partager le succès de son système de vélos électriques en libre-service mis en place en juillet 2021.

Ce service dessert bien sûr la ville d’Epinal, mais également des villes et villages qui comptent entre 900 à 9000 habitants, permettant donc d’effectuer de longues distances de et vers Epinal, et ainsi de remplacer la voiture ou les transports en commun sur certains trajets.

Nous avons eu un effet covid sur la pratique du vélo, alors que nous sommes un territoire rural, et qu’à priori, nous n’étions pas candidat à une évolution forte de la pratique du vélo sur notre territoire. (...) Et depuis le lancement de notre service vélo, les cyclistes réapparaissent d'autant plus dans le paysage urbain.

Il poursuit : 

Notre service de vélos à assistance électrique en libre-service dessert une population de 50 000 habitants, et aujourd’hui 6000 personnes sont inscrites au service. Je pense que nous serons à 10 000 inscrits dans 3 mois.

Avec une opportunité de report modal énorme…

Interrogé sur le potentiel des systèmes de vélo en zone peu dense, Benoit Yameundjeu, Directeur Général de Fifteen, fait remarquer le manque d’accès au vélo en libre-service en France, alors qu’un exemple comme celui d’Epinal est particulièrement prometteur :

Aujourd’hui, seulement 15% de la population française a accès à un système de vélos en libre-service et les ¾ des systèmes sont déployés dans des agglomérations de plus de 500 000 habitants.

5 étapes pour installer un système de vélos en libre-service dans sa ville

Le financement : un sujet central pour un changement d’échelle du vélo

Guillaume Goufier-Cha, auteur de “La filière économique du vélo en France”, propose d’aller plus loin dans le financement des politiques vélo en France :

Cela doit passer par le renforcement du Fonds Mobilité Actives, qui doit passer à 400 millions d’euros par an, contre seulement 50 aujourd’hui.(...) Il faut sortir du saupoudrage.

Camille Thomé, Directrice de Vélo & Territoires, considère également que les aides de l’État sont indispensables pour engager un changement durable dans les habitudes de déplacement des Français :

Le vélo a besoin de 2,5 milliards d’euros via le plan vélo de l’état sur le quinquennat (...) cette aide à l’allumage est indispensable pour aider les collectivités.

Elle propose également un soutien de l'État en direction de potentiels territoires démonstrateurs, comme Epinal, qui permettrait d’asseoir et de pérenniser leur succès, et d’inspirer d’autres collectivités.

Sur le sujet du coût d’un service vélo pour les collectivités, la ville d’Epinal rappelle également l’importance d’investir pour une politique ambitieuse sur le long terme :

Lorsqu’on projette un service vélo sur 10 ans, ce service est plus rentable qu’un service de bus.

Voir un service vélo comme un investissement pour son réseau de transport public au global, voilà peut-être la clé qui permettra aux collectivités de faire les bons choix et de se lancer dans des politiques vélo totalement intégrées à leur plan de mobilité.

Benoit Yameundjeu appuie cette vision, en notant que des services privés de mobilité partagée en free-floating ont émergé ces dernières années, peut-être par défaut de financements, et que ces services ne sont pas interconnectés avec les transports en commun.

Pour lui, intégrer le vélo dans un schéma de transport public est indispensable :

Les vélos partagés sont des transports publics, et doivent à ce titre être interconnectés à ces derniers et financés de la même manière.

Les Financements Publics pour votre politique cyclable

L’infrastructure routière : comment l’appréhender aujourd'hui ?

Camille Thomé a évoqué notre vision collective de l’infrastructure routière, très basée sur le tout-voiture, et la nécessité d’en affecter une portion à d’autres mobilités, comme cela a pu être fait au travers des pistes cyclables transitoires qui se sont multipliées pendant la pandémie :

La France a besoin de 100 000 km de maillage cyclable continu et sécurisé. Le sujet de la sécurité est donc central : on continue à imaginer le réseau routier comme un support pour les voitures, alors qu’il faut l’envisager aujourd’hui comme un support de mobilités.

Et le choix du vélo à intégrer dans un service public a ici un rôle majeur à jouer dans la gestion de l’infrastructure routière.

En effet, grâce à un système de vélos publics connectés en permanence, il est possible de mieux comprendre l’utilisation des routes, de déterminer les parcours des cyclistes, et ainsi de construire une intermodalité intelligente sur les territoires.

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